30 juillet . 11 THERMIDOR

30 juillet  2006. Décès d’Ingmar BERGMANN qu’on ne présente pas

bergmann 7 è sceau

30 juillet 1956.

cléopatre

Décès de Claudette CHAUCHOUIN.  Elle est connue : elle fut quasiment la seule française à s’être llustrée en vedette américaine à Hollywood. Pas sous ce nom bien sûr - un vrai handicap avec son allitération clownesque. Elle prit pour pseudonyme  le nom d’une de ses grands-mères et devint  Claudette COLBERT qu’elle voulait qu’on prononce  à l’américaine, avec toutes ses lettres colber-t-e afin de ne pas être cantonnée dans les rôles de petite française piquante , -l’ingrate . Il est certain que cela sonnait mieux, et pour son trousseau,  elle gardait ainsi les mêmes initiales .  

30 juillet 1918. Une naissance, celle de Françoise Hélyonne Palmyre JEGOUIC (1918-2000) la mère de l’auteur de ce blog. Palmyre : c’était le prénom d’une couturière du village mais aucun lien d’amitié ou de parenté ne justifiait son patronage. Dans la famille, on pense qu’il aurait fallu lire ou entendre Paulette. Un malentendu (au sens propre) du maire ou du secrétaire de mairie dur d’oreille ? Surdité particulièrement inventive avec Hélyonne, ( qui existe, je viens de le vérifier: c'est le prénom de la fille d'Augusta Holmès compositrice et de Catulle-Mendès) à la place d’ Yvonne – qui devait rendre hommage aux nombreux Yves de la famille bretonne du père. N'ayant  pas eu accès à l'acte lui-même, j'ignore  quel déclarant était assez inattentif  (ou trop ému) pour laisser passer cette double bévue. Ce n’était pas le père ; il n’était pas présent, la guerre l’ayant  repris : il ne rentrera dans ses foyers qu’en juillet 1919.

 Extrait du journal de guerre tenu par un artilleur canadien Charles Robert Bottomley : fraîchement débarqué du côté de Béthune il va bientôt partir sur le front de la Somme

28 juillet 1918 -- Me suis couché vers 5 h 30 après mon tour de garde. Le front était très tranquille après le raid. Me suis levé et, après le petit déjeuner, ai nettoyé la pièce. Pendant l’après-midi, l’aumônier est venu et nous avons eu un beau service dans le trou de notre pièce. Les gars ont aimé l’office. Avons transporté des munitions pendant la nuit.

29 juillet 1918 -- Journée très tranquille. L’artillerie n’a presque pas tiré de la journée. Pendant l’après-midi, avons tiré quelques obus contre notre point de régimage. De garde pendant la nuit.

30 juillet 1918 -- Me suis levé à minuit pour prendre mon tour de garde en vue des exercices de tir. Tout est très tranquille. Les Frisés n’ont presque pas bougé. Pendant la journée, nous la sommes coulée très douce.

 

  Une curiosité de ma base de données ou de la démographie : les jumelles ou jumeaux de Françoise se comptent sur les

élise arbre

élise ascendce

doigts de la main. Pourquoi un tel déficit du 30 juillet? Question oiseuse sans doute de néophyte.  J’ai jeté mon dévolu sur la petite Elise DELPORTE.  Première raison : « dans l’état actuel de mes connaissances », je ne sais rien d’elle sinon sa date de naissance et sa filiation. Ce sera l’occasion de compléter sa « fiche » - intérêt tout relatif j’en conviens. Deuxième raison, qui explique pourquoi elle figure dans mon arbre : c’est la fille d’Eulalie Fidéline DRUGY, une petite cousine à une ou deux générations près de Siméon dit Léonard DRUGY, un de mes grands-pères paternels. On reste en famille. Troisième raison : le nom lui-même de DRUGY. C’est un nom rare assurent les spécialistes. J’en suis collectionneur et jusqu’ici  la plupart des porteurs sont liés entre eux et sont originaires de Bucquoy ou de ses environs, un bourg  près d’Arras. Les « spécimens" les plus anciens en ma possession sont trois frères,  Charles né en 1621, Hugues en 1645 et Gervais né en 1643, une petite célébrité ecclésiastique pour être décédé en 1736 à 92 ans chapelain pendant 26 ans du Conseil d’Artois. Nous voilà propulsés au début du 17e siècle et je ne puis guère espérer trouver documents plus anciens dans une contrée sinistrée par trois guerres.

 Rareté du nom.  Signification et origine mystérieuses : les dictionnaires déclarent forfait. Bien sûr, dans la région il y a un lieu-

Drugy près St Riquier

dit, le château de Drugy , près de l’abbaye de St Riquier dans la Somme. Il en reste des bâtiments agricoles  et les ruines d’un cachot où Jeanne d’Arc fut retenue prisonnière en 1431. Mais aucun porteur du nom dans la région, sauf autour de Bucquoy. Les mésaventures d’un ministre d’Etat m’ont mis sur une autre piste. Je le croyais originaire de Nantes mais sa fâcheuse célébrité  a fait fleurir les recherches sur sa famille, les Goullet de RUGY. Inutile de ricaner : je ne me cherche pas des ancêtres nobles, tentation de plus d’un généalogiste. Leur titre d’ailleurs est bien récent, acheté ou confirmé à la fin du XVIIIe siècle. Rugy est un fief, maintenant un lieu-dit,  d’Argancy-les-Metz entre Metz et Thionville. On est en Moselle, dans les Trois-Evêchés, bien loin de l’Artois et de  Bucquoy mais autrefois sous la même emprise de Charles Quint . Quelques individus, un seul même  issu de ces terres de l’Est, ou plus récemment un soldat en garnison à Bapaume a  pu venir  s’installer dans ce coin d’Artois et y faire souche. On l’appelle, comme tant de soldats qui ont tous des surnoms, de Rugy, comme en Artois existent des Darras,  et d’après les villages aux alentours, des Dachicourt,   des de Berles, de Saulty en un seul ou deux mots. On  aboutit  à DRUGY avec      cette élision très courante en picard qui fait coexister  par exemple Deransart  et   Dransart. CQFD. J’aimerais cependant avoir l’aide d’un spécialiste chevronné d’onomastique artésienne. J’en connais un qui je suis sûr se fera(it) un plaisir de se pencher sur mon problème encore qu'une inquiétude m'effleure  à l’idée de le consulter : s’il venait à démolir mon bel édifice ?

Quelques jours plus tard... c'est bien ce que je craignais: le sage , consulté , sans oser dire que mon hypothèse était farfelue,  en tient pour la solution la plus simple. Ces DRUGY viennent  fort probablement, tout simplement du lieu-dit  Drugy. Dommage.

   Mais Elise DELPORTE-DRUGY ? Je crains fort que la malheureuse au fil des lignes ne soit devenue un prétexte. Entre oubli de mon ordinateur principal chez des amis et chaleur caniculaire, je déclare platement forfait ce coup-ci pour pousser plus loin mes recherches à l'aide ( en dépit de plutôt) d'une tablette archaïque et capricieuse. J'ai quand même assuré le service minimum: elle est la quatrième enfant d'un berger, elle s’est mariée  et s'est installée au sud d'Amiens;  elle est morte à 24 ans. Fin " en queue de poisson" de sa vie et du billet.

  J'aime  cette expression  familière, dont la vulgarité étonne quand je la trouve sous la plume   du dernier inspecteur général de lettres que j’aie eu "l'honneur" d'accueillir dans ma carrière. Ainsi qualifiait -il les modestes exercices de grammaire par lesquels je concluais une anodine séance de latin en troisième. Un ami moins oublieux que moi vient de me corriger : l'expression utilisée par mon digne inspecteur général était bien pire:  mon cours se "terminait en eau de boudin". C'est la catastrophe qui guette lors de la confection du boudin:  si son eau de cuisson au lieu de frémir prudemment se met à bouillonner,  les mètres de boudin éclatent et se répandent en une mixture peu ragoûtante  dans la marmite ...

Cléopatre Gde affiche

A la réflexion, mes natives du 30 juillet méritent mieux,  Elise Delporte l'inconnue, , et Françoise ma maman. Alors soyons fous et terminons sur l'affiche  du  "Cléôpatre" de Cecil B. de Mille, un  film  écrit juste avant l'ère du code Hays imposé par les ligues de vertu et "dont l'atmosphère transpire le stupre" juge tout frétillant un critique d'aujourd'hui (Justin Kwedin pour dvdclassik). Merci Claudette Chauchoin, merci Cecil Billets de Mille.