Turlure

                       

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Je suis dans les transes, -enfin  turlupiné, un peu, quand même. J’aurai dû rendre ma copie hier matin mais  j’étais déjà très en retard pour le S, et là pour T, je n’ai rien. Façon mauvais élève qui s’enfonce à (se) chercher des excuses : pourtant j’avais  tout prévu.  Dans mes listes j’étais tombé sur une Jeanne TURLURE, seule de son nom,  qui paraissait faire l’affaire.

   Déjà, les  sonorités m’amusaient (j’en demande pardon aux porteurs d’aujourd’hui), et j’avais en tête Toussaint Turelure, ce personnage du Pain dur de Claudel, novice défroqué, ex sans-culotte devenu « Pair de France, Maréchal Comte de Coûfontaine, Président du Conseil des Ministres » comme il se définit.  Mis au pied du mur, je m’aperçois que ma TURLURE est hors de portée : elle apparaît en arrière-plan d’un contrat de mariage de 1648, un de ceux qu’Adolphe Béthancourt avait relevés au XIXe siècle, et qui permettent de suppléer  en partie la disparition des originaux dans les bombardements.

       Contrat du 18 juin 1648 N°92 Antoine Gottran veuf de feue Jeanne Turlure, assisté de Théodore Gottran son frère, Michelle Goudmand fille à marier de feu Marin (Martin ?) et d’Antoinette Caudron de chimencourt, assistée de Marc Voiturier époux de Florence Goudmand et Jean Gossart époux de Marie Goudmand ses sœurs (2J9 /121v)

   Bref, mea culpa. « Turlure » n’était pas le bon choix.  Il y a même tromperie sur la marchandise. Je me suis laissé séduire par les sonorités amusantes du mot qui désigne une ritournelle devenue agaçante, mais aussi l’instrument qui la joue – la cornemuse et par extension le joueur lui-même, avec quelques allusions  grivoises J’ai trop misé sur les ressources de la Toile. Munitions plutôt insuffisantes pour affronter une période pauvre en données généalogiques lorsque l’objet de l’enquête n’est ni noble, ni bourgeois, et de surcroît installé  sur les futurs champs de bataille de l’Histoire.