Janvier 2018

                       

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       Pour ravigoter ces vieilles gravures, j’ai colorisé – c’est la mode dans les documentaires historiques- le frontispice mensuel d'un vieux manuel de leçons de choses  écrit "conformément  aux programmes officiels de 1890 ».

    JANUS  (bifrons) regarde  vers le passé et « en même temps » vers l’avenir. Avec son tropisme vers le temps écoulé, un blog  de généalogie comme le mien devrait sauter le mois de Janvier. Fausse idée: le Vieux (c’est moi, à l’africaine)  se plonge dans son enfance et la vie de ses aïeux mais  avec des techniques ultra modernes et puis le passé n’est-il pas, selon les meilleurs historiens d’aujourd’hui,  ’une reconstruction, une interrogation à la lumière des préoccupations du présent?

      La préoccupation majeure du moment, dans ma campagne berrichonne comme ailleurs en France serait tout platement d’ordre météorologique: ni gel ni neige, mais un début d’année noyé sous la flotte. Pluviôse  donc déjà,  plutôt que nivôse, (qui ne commence qu’au 21 janvier) mais aussi une anticipation sur ventôse avec ces tempêtes à répétition qu’on tente d’humaniser ou de  personnifier à coups de prénoms.

       Quant au signe du zodiaque de ce mois, avec le Verseau,  on continue à patauger dans l’élément liquide. 

      VERSEAU  avez-vous dit? Et soudain en associant toutes ces évocations traditionnelles autour de JANVIER mon  manuel dépenaillé me donne la clé d’un des  Spleen de Baudelaire. Faugautier n'aimait pas ce sonnet, en particulier le premier quatrain encombré sans doute  à ses yeux d'une pacotille mythologique trop clinquante

pluviose baudelaire

    Adrien  Faugautier: c'était notre révéré  (les avis divergeaient) professeur de français  en khâgne de Faidherbe à Lille  dans les années soixante. il fut inspecteur général, instigateur d’une réforme mal perçue de l’oral du baccalauréat. La liste des textes sur lesquels portait l’oral ne devait plus être un agglomérat de fragments disparates. Il fallait articuler les morceaux choisis  autour de thèmes et chaque année était inscrite l’étude d’une œuvre intégrale.

Faugautier nécro

        Une inspectrice qui soutenait chaudement cette recherche de cohérence m’avait confié qu’il avait pris sans tarder sa retraite, lassé par l’opposition sourde de la plupart des enseignants, qu’ils soient traditionnalistes indécrottables ou tenants d’une approche techniciste des textes. Selon des amis qui continuaient à le rencontrer, il consacrait  sa retraite à peindre des tableaux abstraits.

          L’annonce de sa disparition dans Le Monde fut d’un laconisme étrange, comme si la famille le dérobait aux hommages de tous ceux auxquels il avait communiqué sa foi dans une vision humaniste de l’enseignement de la littérature.  À la requête « Faugautier »,  Internet offre des perspectives intéressantes, sur son passé de pied-noir en particulier.

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 Je n’ai pu  que les entrevoir  étant donné les caprices de ma Livebox. J’ai capté une photo du corps enseignant du lycée Lamoricière à Oran en 1949, sans doute son premier poste car il n’avait que 25 ans. Dix ans après il était  à Lille et j’ai eu le temps de lire qu’à Paul Valéry à Paris son poste suivant, il enseignait le latin. Visions très fugaces et d’ailleurs, je n’avais nulle intention de consacrer mon blog à sa carrière. Néanmoins  ma curiosité a été  piquée: quand la technique me lâchera moins, je compte bien aller plus loin.

      2018,  c’est bien sûr l’année du centenaire. Au niveau  de la « grande » Histoire, centenaire de la fin de la grande  guerre mais il faudra encore attendre novembre. Au niveau familial,  centenaire de Françoise JÉGOUIC et de Louis DEAUCOURT mes parents, conçus en marge de la guerre, et nés elle en juillet et lui en août.   .   .   .   . 

 

                                               t.  .  .  .  . .  .  .  .   

 

                         Post Scriptum.   Qu’est-ce que ce blog? « Janvier » paraît après « Avril » ;  l’article s’interrompt brusquement, à la façon   - osons-le – de l’Offrande musicale. Cas de force majeure: les hôpitaux m’ont retenu beaucoup plus longtemps que prévu. Belle excuse, mais bien réelle pour justifier  tel Montaigne (foin de toute modestie) d’aller « à sauts  et à gambades »